Orchestra Baobab2

GENRE: AFROCUBAIN
Groupe de légande originaire du Sénégal fondé en 1970 , composé de Barthelemy Attisso (lead guitar) Balla Sidibe (vocals, timbals, drums)) Rudy Gomis ( vocals,maracas, clave )Ndiouga Dieng ( vocals, congas) Issa Cissoko (saxophone ) Latfi Benjeloun : (rhythm guitar)

La Collection » Les grands Orchestres africains « 

A partir des années 1930 , l’Afrique bruisse d’une agitation nouvelle alors que
l’électricité commence sa timide apparition. Guitares, contrebasses et cuivres
(trompette, trombone, saxophone et clarinette) se répandent sur le continent.
À la faveur de transports maritimes en plein essor, les 78 tours des Amériques
noires ramenés par les marins latino-américains influencent durablement une
nouvelle orientation musicale le long du littoral africain. L’élégance désuète
d’un micro monaural ou les instruments patinés par une nonchalance tropicale
ajoutent une saveur inédite aux phénomènes de fusion musicale qui prennent
alors forme.

Une grande partie de la façade d’Afrique atlantique se transforme ainsi
en un laboratoire de créations musicales largement influencées par le
développement et la pénétration des musiques des Caraïbes et d’Amérique
latine. Sons, rumba, boléro, guaguanco, mambo, pacha va, calypso, Bigué
et, merengue et autre cha-cha commencent alors à gagner l’ensemble du
continent, dans les capitales comme dans les villes commerçantes.
L’apparition des phonographes, des premiers postes de radio à galène, mais
aussi le développement de la guitare dans des pays comme le Congo et
la Guinée, posent les bases d’une véritable musique moderne africaine, «
réafricanisation » des formes musicales existantes, en particulier de celles
issues des Amériques. A partir des années 1950, le terme « jazz » devient
ainsi un symbole de modernité. Amplifiés par l’émergence du trafic aérien, les
voyages de plus en plus fréquents entre Afrique et Occident permettent une
circulation plus rapide des disques et des dernières modes musicales.

Avant d’être indépendante

Avant d’être indépendante politiquement, l’Afrique le devient musicalement.
À partir de 1960, la proclamation massive des indépendances donne
lieu à l’instauration d’une modernité culturelle inédite, aux partitions
majoritairement complexes, mais où la musique joue souvent le plus beau
rôle. « Indépendance cha-cha », proclame ainsi depuis Bruxelles, en février
1960, le Congolais Joseph « Grand Kallé » Kabasélé accompagné par son
orchestre African Jazz. Musique et politique entament alors un joli pas de
deux tropical sur fond de rythme afro-cubain.
De ville en ville et de port en port, ces musiques urbaines africaines entrent
en piste. Elles sont touchées par une candeur, une profondeur et une sincérité
d’exécution jamais démenties de la part des musiciens et des interprètes qui
la jouent et la diffusent.

Ces grands orchestres ont fleuri à travers le continent African Jazz (RDC),
les Bantous de la Capitale (Congo Brazzaville), Bembeya Jazz (Guinée), Rail
Band (Mali), les Ambassadeurs (Côte d’Ivoire), Balla et ses Balladins (Guinée),
Super Djata Band (Mali), Volta Jazz (Burkina Faso), Super Eagles (Gambie),
Super Mama Djambo (Guinée Bissau), Poly-Rythmo (Bénin), Orchestra Baobab
(Sénégal). Ils accompagnent l’histoire de leur pays et si certains ont disparu,
d’autres existent encore, et 50 ans plus tard, se produisent encore, remplaçant
leurs membres retraités ou décédés par de jeunes musiciens talentueux.
Pour la saison Afrique 2020, la collection des « Grands Orchestres Africains
» propose de raconter l’histoire de quatre formations musicales hors normes
et toujours bien vivantes. Cartes postales musicales, ces documentaires
proposent au public de découvrir à travers chaque orchestre et ses
musiciens, un pays, ses paysages pittoresques, ses peuples, son histoire (des
indépendances au renouveau artistique des années 2010s) et sa culture. Cette
invitation au voyage, au métissage, donne la parole peut être pour la dernière
fois à de grands artistes qui se produisent sur scène en Afrique et à travers
le monde depuis les années 60 mémoires vivantes de leur époque, sur fond
d’images joyeuses et positives de l’Afrique, et de leur musiques chatoyantes.

Orchestra Baobab

Comme la plupart des orchestres sénégalais des années 70, l’histoire du Baobab
prend forme au sein du Star Band et de l’orchestre SAF Mounaden, une des
multiples émanations du Star Band où sont passés tous les grands musiciens et
chanteurs du pays.
Au cours de l’été 1970, plusieurs politiciens et hommes d’affaires en vue
montent le Club Baobab, situé au 44 rue Jules Ferry, au coeur du Plateau
dakarois. Le jeune guitariste togolais Barthélémy Attiso, qui joue chaque soir afin
de payer ses études de droit, les chanteurs casamançais Balla Sidibé et Rudy
Gomis sont recrutés par le saxophoniste Baro Ndiaye et le bassiste Sidat Ly pour
former le nouvel orchestre maison. Le jeudi ces musiciens jouent encore au
célèbre Club Miami, le lendemain soir ils deviennent ceux du Baobab.

En l’absence de la télévision, pratiquement inexistante en Afrique à cette
époque, les gens sortent danser pour se distraire. Le Baobab brasse une
clientèle d’hommes d’affaires, de politiciens, d’expatriés, de militaires et de
belles de nuit. Il devient rapidement le club le plus prestigieux et le plus prisé
de la ville, décoré par les artistes à la mode. Au sein de ce Dakar cosmopolite,
en pleine effervescence, l’orchestre doit être à la hauteur de la réputation des
lieux, répétant inlassablement et développant un répertoire très hétérogène, de
la variété française au jazz, en passant par le tango, le son cubain, les mornas cap
verdiennes, les rumba congolaises ou la chanson arabe.
Le bassiste Charles Ndiaye et le batteur Moustafa Korité étoffent l’ossature
rythmique de la formation, avec le saxophoniste malien Issa Cissoko et le
clarinettiste nigérian Peter Udo. Le guitariste rythmique d’origine marocaine
Lafti Ben Jelloun vient seconder Attiso et au chant le griot Laye Mboup et le
jeune salière Medoune Diallo finissent d’ancrer le son du groupe entre tradition
sénégalaise et modernité afro-cubaine.
Comme l’explique Attiso « nous avions l’audace de jouer une musique en phase
avec tout ce qui se faisait au niveau international, tout en restant profondément
ancrés dans nos racines sénégalaises. »

Depuis les années 70, le line-up a beau changer, le résultat final reste satisfaisant et fidèle à ses
principes de départ. Sur leur dernier album, pour lequel une tournée européenne sera organisée
cet été, Orchestra Baobab reste en parfaite harmonie surtout sur des bijoux comme « Woulinewa »,
« Douga » ou encore « Alekouma » ultime hommage à son fondateur .
Aujourd’hui, Orchestra Baobab reste une formation forte et soudée. Le collectif sénégalais
n’atteint peut être plus les sommets de leur cultissime album Pirate’s Choice de 1982 mais il
continue de rassembler toutes les générations et de nombreuses cultures, à travers une musique
généreuse, véritable invitation au voyage dans l’espace et le temps.

Discographie

  • 1 Saf Mounadem (1972) JK 3026 sous le nom de «Star Band de Dakar»
    2 M’Beugene (1972) Music Afrique / Baobab BAO 1
    3 Hommage a Lay M’Boop (1974-75?)
    4 Orchestre Baobab ‘75’ (1975) Disques Buur BRLPO001
    5 Guy Gu Rey Gi (1975) Disques Buur BRLPO002
    6 Senegaal Sunugaal (1975) Disques Buur BRLPO003
    7 Visage Du Senegal (1975) Disques Buur BRLPO004
    8 Aduna Jarul Naawoo (1975) Disques Buur BRLPO005
    9 N’Deleng N’Deleng (1977) Music Afrique MSCLP 001
    10 Une Nuit Aun Jandeer (1978) Musicafrique MSCLP 002
  • 11 Baobab à Paris Vol. 1 & Vol. 2 (1978) Abou Ledoux ASL7001/Abou Ledoux ASL7002
    12 Gouygui Dou Daanou (1979) Disc Afrique/Salsa Musique DARL001
    13 Mohamadou Bamba (1980) Jambaar/Syllart JM5000
    14 Sibou Odia (1980) Jambaar/Syllart JM5004
    15 Ken Dou Werente (1982) MCA 307
    16 On verra Ça: The 1978 Paris Sessions (1992) Syllart
    17 Bamba (1993) Stern’s Africa / Syllart STCD3003
    18 Pirates Choice (1989 & 2001) World Circuit WCB014 and World Circuit WCDO63
    19 Specialist in all styles (2002) World Circuit WCDO64
    20 A night at Club Baobab (2006)
    21 Made in Dakar (2007) World Circuit WCD078
    22 La Belle Epoque 1971 – 1977 (2009) Stern’s Music #000361
    23 Tribute to Ndiouga Dieng (2017)

Synopsis documentaire

Dans ce premier volume, nous allons découvrir l’énergie insolante de la
métropole de Dakar, ses marchés, ses plages, les night clubs de ses vieux
quartiers, les murs ocres de Gorée, à travers les compositions lascives et
métissés de l’Orchestra Baobab.
Au début des années 2000, après une traversée du désert d’une quinzaine
d’années, le producteur britannique Nick Gold, responsable du succès
planétaire du Buena Vista Social Club, et Youssou Ndour, complotent pour
reformer l’orchestre. En 2001, Attiso décroche sa guitare et rejoint le reste
du groupe qui rejoue pour la première fois ensemble lors d’un mémorable
concert au Barbican Center de Londres où il est acclamé pendant près d’une
demi-heure : soudé comme une vraie famille, le coeur du Baobab se remet à
battre ! Vont suivre deux albums merveilleux Specialist in All Styles (2002) et
Made in Dakar (2007).

Images d’archives, captations live, interviews, prises de vues gourmandes
de Dakar vont nous aider à raconter le Baobab et sa musique, mais aussi le
Sénégal culturel et politique.
A travers les portraits des membres historiques du Baobab et des jeunes
talents ayant remplacés certains anciens, nous allons découvrir les petites
histoires qui bout à bout ont écrit la légende de cette formation musicale.
Nous allons suivre les musiciens au cours de leur quotidien dans les rues
de la médina, sur les marchés colorés de la capitale sénégalaise, auprès
des pêcheurs aux pirogues allongées, dans l’intimité de leurs maisons, en
répétition ou sur scène… afin de présenter une Afrique aux générations
solidaires, tournée vers l’avenir, éprise de rêves et de modernité, mais qui
reste intimement attachée à ses traditions et à ses racines (de Baobab).
Ce premier volume sera également l’occasion de fêter les 50 ans de
l’Orchestra Baobab qui, sans le moindre effort apparent, devance toujours ses
contemporains en jouant une musique aux allures de feu d’artifice tropical, à
la fois spontanée, profonde et généreuse, un véritable rythme de la séduction,
suave comme l’éternité.

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